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Llibertat presos politics

750 000 manifestants. C’est cette foule de Catalans, selon les chiffres de la police municipale de Barcelone, la Guardia Urbana, qui s’est retrouvée sur l’avenue La Marina qui va de la Sagrada Familia au front de mer ce samedi 11 novembre. Déterminés, ils sont sortis dans les rues pour réclamer la remise en liberté de 10 dirigeants indépendantistes placés en détention provisoire.

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© Laurène Becquart

Depuis plusieurs semaines, 8 anciens ministres du gouvernement catalan et deux dirigeants d’associations indépendantistes ont été écroués près de Madrid après la déclaration d’indépendance unilatérale de la Catalogne du 27 octobre pour “rébellion” et “sédition”. Carme Forcadell, la présidente du Parlement catalan a, elle, échappé à cette condamnation et a été libérée sous caution, après avoir garanti qu’elle respecterait “le cadre constitutionnel”. Carlos Puigdemont, quant à lui, est toujours visé par un mandat d’arrêt européen portée par la justice espagnole. Les manifestants ont donc décidé d’exprimer leur soutien à leurs politiques, tout en défendant leur identité régionale.

Llibertat presos politics
© Laurène Becquart

 

Une manifestation massive et non-violente

Mise en place par deux organisations indépendantistes, Omnium Cultural et l’ANC (Assemblée Nationale Catalane), la manifestation a débuté officiellement à 17h sur la Marina, mais des milliers de participants étaient déjà sur place bien avant. Des dizaines et dizaines de bus ne cessaient d’affluer et, une fois garés, de déverser un énorme flot humain aux couleurs rouge et jaune, hérissé ici-et-là de pancartes et de hampes à drapeau. Tous agglomérés sur l’avenue, jeunes, adultes, enfants et anciens lançaient des “SOS démocratie” et clamaient, à haute voix ou sur leurs pancartes, la “Liberté pour les prisonniers politiques” (Llibertat presos politics) et “Nous sommes une république” (Som Republica). C’était une véritable masse humaine, si compacte qu’elle était difficile à traverser.

Spanish Democracy
© Laurène Becquart

 

Bien que les rues étaient comblées et que les manifestants se pressaient contre les barrières installées autour de l’avenue pour laisser la place aux camions du cortège d’avancer, aucun débordement n’a eu lieu. Les organisateurs, ces “Voluntari” aux dossards verts qui sillonnaient entre les barrières, ont veillé au bon déroulement du rassemblement. Finalement, derrière la colère et détermination, c’était l’émotion qui transparaissait chez les participants. Ainsi, quand le cortège, qui a remonté la Marina, s’est terminé devant une scène installée pour l’occasion, quelques larmes ont coulé au son de l’hymne catalan et aux fervents discours des défenseurs et dirigeants séparatistes présents.

Catalogne indépendante
© Laurène Becquart

 

“Ils ne comprennent pas que je me sens catalane avant d’être espagnole”

La fierté catalane, la liberté, le respect… Les mêmes mots revenaient souvent. En plus du soutien aux politiques séparatistes et de la demande de leur libération, les manifestants revendiquaient surtout leur identité catalane. “L’Espagne n’a pas besoin de nous. Le gouvernement nous traite mal et gère mal le pays. Ils ne comprennent pas que je me sens catalane avant d’être espagnole” affirme une jeune manifestante de 16 ans. Un sentiment que partage l’une des organisatrices d’Omnium qui explique les raisons de son mécontentement envers le gouvernement national aujourd’hui en 3 mots : “l’argent, la liberté et le respect”.

Manifestants catalans
© Laurène Becquart

 

En effet, ce que reprochent le plus les séparatistes, c’est l’invalidation de la déclaration d’indépendance par le gouvernement espagnol et l’intervention des forces de l’ordre au moment du référendum qu’ils jugent comme un manque de respect et une atteinte à leur liberté. Leur liberté de vote, de rassemblement, et de décider d’une auto-détermination. “La Catalogne représente la majeure partie des ressources économiques du pays. En particulier au niveau du tourisme et de l’industrie. On nous prend beaucoup” justifie la jeune manifestante. Car, au-delà du sentiment d’appartenance régional, ce sont aussi des motifs économiques qui peuvent pousser des Catalans à demander de ne plus être représentés par le gouvernement espagnol et le roi du pays.

Alors que la région est toujours placée sous la tutelle de Madrid, le mouvement en faveur d’une Catalogne plus indépendante doit se préparer aux élections anticipées du 21 décembre prochain, prévues depuis la dissolution du Parlement catalan en octobre dernier.

Jeune manifestante catalane
© Laurène Becquart
Concert de fin de manifestation
© Laurène Becquart
Som Republica
© Laurène Becquart
SOS Democracy
© Laurène Becquart

 

 

 

 

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